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Communication - Technologie - Société
Changement d'éditeur au 1er janvier 2009
 

 ARTICLE VOL 26/150 - 2008  - pp.7-16
TITRE
PRÉSENTATION

RÉSUMÉ
Bien que la discussion politique soit depuis longtemps considérée par les théoriciens comme un élément constitutif de la démocratie, peu de recherches empiriques la documentent. En tant que mode de participation politique, elle est, par exemple, beaucoup moins étudiée que les autres types de participation comme l’acte électoral, l’adhésion à une organisation partisane ou les manifestations, et semble constituer, selon l’expression de Bennett et al., un « territoire inexploré ». Cependant, depuis la contribution majeure de William Gamson au début des années 1990, la manière dont les citoyens « ordinaires » « parlent politique », et plus largement les diverses formes de « participation discursive », suscitent l’intérêt grandissant des chercheurs. Un tel intérêt s’inscrit dans un contexte sociopolitique de développement, sous la houlette d’une grande variété d’autorités publiques, de démarches, procédures et dispositifs sollicitant la capacité des citoyens à prendre la parole et à discuter de questions qui engagent l’avenir de la collectivité, ces démarches ayant pour corollaire une certaine reconnaissance de formes d’argumentation et de savoirs différentes de celles qui prévalaient jusqu’ici dans l’univers politique et administratif. Parallèlement, les diverses formes d’activités associatives et protestataires critiques à l’égard du système représentatif de gouvernement, comme la multiplication des espaces individuels d’expression publique des opinions, qui sont facilitées, notamment par les technologies de l’information et de la communication (blogs, « journalisme citoyen »), témoignent de l’intérêt des citoyens, ou d’une partie d’entre eux, pour la chose publique et pour l’invention de nouvelles formes d’action politique. Sur ce dernier aspect, les technologies de l’information et de la communication, et plus particulièrement internet, offrent des possibilités inédites d’expression, déliées des contraintes – au moins temporelles et géographiques – habituellement attachées à l’expression en public. De même, la fréquente ouverture d’espaces destinés à l’expression du public dans les médias diffusés et les mises en scène d’individus, n’ayant d’autre titre à faire valoir que leur absence de particularités, récurrentes dans de nombreux programmes télévisuels, notamment dans les émissions mêlant professionnels de la politique et citoyens anonymes, qui sont conviés à faire part de leurs opinions sur les problèmes politiques et sociaux du moment, témoignent a minima d’une certaine (re)valorisation de la parole ordinaire. Ces phénomènes illustrent le caractère désormais poreux de la frontière séparant jusqu’alors les savoirs experts (ceux des responsables institutionnels, des techniciens de l’action publique ou des journalistes) des savoirs profanes (ceux des citoyens) et ouvrent une pluralité de questionnements sur les conditions et les modalités d’une démocratie « participative » ou « délibérative ». De fait, les recherches récentes qui se développent sur les discussions politiques s’articulent autour de deux grands axes. Le premier interroge la discussion politique comme possible forme de délibération ; le second porte sur le rôle de la discussion, qu’elle soit ou non médiatisée, dans la politisation des citoyens. Dans les deux cas, et au-delà de la question classique de la compétence politique, repenser les rapports au politique des citoyens « ordinaires » constitue un enjeu central, qu’il s’agisse de s’intéresser à la mobilisation de leurs expériences sociales dans leur appréhension du politique, à la place du conflit dans les interactions ou au mode d’organisation et d’activation des connaissances et des savoirs sociaux.

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