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Communication - Technologie - Société
Changement d'éditeur au 1er janvier 2009
 

 ARTICLE VOL 26/151 - 2008  - pp.37-62  - doi:10.3166/réseaux.151.37-62
TITRE
UNE INTERPELLATION PROFANE DU POLITIQUE. La lettre de jeunes de milieux populaires

RÉSUMÉ
Le 10 novembre 2005, pendant les « émeutes », des jeunes de milieux populaires scolarisés dans une section défavorisée d’un lycée d’enseignement professionnel (LP), classé ZEP (zone d’éducation prioritaire), en ZUS (zone urbaine sensible) et situé dans un quartier populaire de banlieue parisienne, écrivent une lettre au Président de la République. Cette classe de 2e année de BEP Bioservices est composée de 25 élèves non militants, dont 14 en option Agent Technique d’Alimentation (ATA) et 11 en Maintenance et Hygiène des Locaux (MHL). Ces jeunes ont rédigé la lettre pendant les heures de cours avec l’aide de leur professeur de français. Celle-ci est explicitement politique par son contenu (cf. annexe) : ils critiquent par exemple directement le ministre de l’Intérieur (l. 6 à 10), décrivent les causes des émeutes comme étant liées au chômage (l. 13) et au racisme (l. 13, l. 41), prennent position contre les décisions relatives au commencement de l’apprentissage dès 14 ans (l. 44 à 47), etc. Une dépêche de l’AFP fait accéder cette lettre à l’espace public et le journal Libération y consacre une pleine page quelques semaines plus tard. Les sciences sociales ont depuis longtemps établi que les jeunes des milieux populaires étaient tendanciellement distants à l’égard du politique et donc peu mobilisés, notamment du fait de leur faible dotation en ressources culturelles et des effets du cycle de vie en matière de responsabilisation sociale et de politisation. Pourtant, certains d’entre eux ont écrit au chef de l’État en novembre 2005. Comment et pourquoi des acteurs sociaux a priori peu politisés ont-ils pu penser à écrire à la plus haute autorité de l’État ? Comment leur initiative a-t-elle pu être réalisée, notamment dans le cadre de l’institution scolaire ? Comment leur courrier a-t-il accédé à l’espace public ? Quels investissements ces jeunes avaient-ils placés dans leur lettre et comment en parlent-ils dans différentes situations, par exemple dans un studio radio ? L’enquête effectuée questionne à la fois les conditions de réalisation et de médiatisation de cette interpellation profane du politique, les investissements dans cette lettre et certains aspects des rapports au politique de ses auteurs. Une telle analyse implique de prendre le parti de relativiser l’extériorité et la dépossession politique de ces jeunes et de se prémunir des illusions à la fois rétrospectives et héroïques pouvant par exemple conduire à sur-politiser les acteurs et leurs pratiques. La posture générale de l’analyse est donc de se situer entre légitimisme et relativisme culture.

AUTEUR(S)
Lorenzo BARRAULT

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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