ACCUEIL

Consignes aux
auteurs et coordonnateurs
Nos règles d'éthique
Autres revues >>

Réseaux

0751-7971
Communication - Technologie - Société
Changement d'éditeur au 1er janvier 2009
 

 ARTICLE VOL 26/151 - 2008  - pp.63-90  - doi:10.3166/Reseaux.151.63-90
TITRE
LUHMANN ET LE MYSTÈRE DU RISQUE TECHNOLOGIQUE. Un retour de l'opinion publique ?

RÉSUMÉ
Unfluente dans les pays anglo-saxons et en Allemagne, la théorie sociale de Luhmann ne s’est guère répandue en France. À titre d’explications, on peut invoquer une tradition structuraliste française (de Lévi-Strauss à Althusser) aux antipodes politiques du conservatisme luhmannien ; une tradition anti-structuraliste, composée des divers interactionnismes méfiants vis-à-vis des grandes théories ou de la « sociologie théorique ». Dès lors, le croisement de ces deux traditions a conduit à mésestimer l’apport de la théorie luhmanienne, en particulier dans des domaines où abonde par ailleurs la littérature de recherche. Il en est ainsi, tout particulièrement, de la théorie du risque technologique, rarement mobilisée en France, que ce soit pour problématiser le risque ou les mouvements sociaux y afférant. À contre-courant de ces traditions, l’objectif visé ici est de montrer que la théorie du risque de Luhmann permet de mettre au jour la modernité de la thématique du risque, en laissant de côté une approche culturelle des perceptions, sans pour autant tomber dans une approche catastrophiste du risque.L’un des points forts de la théorie luhmanienne du risque est de penser la distinction entre risque et danger, comme révélatrice de ce qu’on propose d’appeler une « asymétrie sociale », entre ceux qui décident du risque et ceux qui, par conséquence, sont exposés au danger et le contestent. L’une des particularités de cette asymétrie sociale est d’impliquer la recherche d’une solution communicationnelle qui apparaît problématique pour Luhmann lui-même. Or, en l’absence de cette solution, c’est l’ensemble de la société, comme système de sous-systèmes, qui en sera perturbée. En effet, l’une des thèses fortes de Luhmann sur les transformations du système social tient dans l’idée selon laquelle la société parvient continuellement à réduire sa complexité croissante en se différenciant en sous-systèmes régulés par des médias de communication généralisés. Ainsi réduite, la complexité des opérations sociales se développe sous d’autres formes, appelant de nouvelles différenciations. On doit donc s’interroger sur la manière dont la théorie considère la capacité de la société à traiter une perturbation profonde qui interviendrait dans l’un des sous-systèmes et qui serait susceptible de déstabiliser d’autres soussystèmes. Par rapport à l’état sociétal antérieur marqué par la stratification sociale (jusqu’au XVIIIe siècle) et piloté par la sphère politique monarchique, dans la société moderne aucune sphère n’est susceptible de remplir cette fonction. La société étant désormais différenciée fonctionnellement, aucun sous-système n’est prédominant : le sous-système de l’économie n’est pas plus important que celui du droit ou de la science, le sous-système politique pas plus que celui de l’économie, le sous-système scientifique pas plus que celui de l’éducation, etc...

AUTEUR(S)
Patrick CHASKIEL

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

 PRIX
• Abonné (hors accès direct) : 34.95 €
• Non abonné : 34.95 €
|
|
--> Tous les articles sont dans un format PDF protégé par tatouage 
   
ACCÉDER A L'ARTICLE COMPLET  (319 Ko)



Mot de passe oublié ?

ABONNEZ-VOUS !

CONTACTS
Comité de
rédaction
Conditions
générales de vente

 English version >> 
Lavoisier