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Communication - Technologie - Société
Changement d'éditeur au 1er janvier 2009
 

 ARTICLE VOL 24/135-136 - 2006  - pp.288-323
TITRE
HOWZE EN LIGNE : LA VITRINE VIRTUELLE DES CLERCS DE QOM.

TITLE
HOWZE ON LINE: THE VIRTUAL SHOWCASE OF QOM CLERICS

RÉSUMÉ
L'introduction d’internet dans le Moyen Orient a soulevé de nombreuses questions quant à ses effets sur les domaines politique, social et religieux. Le paysage médiatique de cette région étant principalement basé sur des structures autoritaires, internet pose un défi au monopole sur l’information défendu par les régimes en place. La communication en ligne soutenant l’échange d’idées entre acteurs diversifiés, le Net semble mettre également en question les hiérarchies et les chaînes de transmission établies qui dominent, jusqu’à présent, la diffusion du savoir religieux. C’est ainsi qu’ont été suscitées des attentes quant à la constitution d’une « nouvelle sphère publique » dans le monde musulman qui permettrait aux individus d'origine et de bagage intellectuel différent de ceux des élites traditionnelles de participer au discours autour de normes sociales et religieuses2. Généralement, cette argumentation est aussi illustrée par divers exemples sur l’emploi réussi d’internet par des groupes d'opposition ou des acteurs de la société civile3. Elle s’inscrit ainsi dans une perception répandue d’internet comme vecteur d’un espace de communication plus ouvert, voire plus démocratique, image relevant avant tout des qualités technologiques du nouveau média : sa flexibilité et les coûts peu élevés de son emploi compliquent non seulement la censure et le contrôle des informations transmises mais permettent également l’accès à un média de grande portée à un nombre croissant d’acteurs sociaux jusque-là moins visibles. De même, l’interactivité introduite par internet contraste avec la passivité de réception des médias habituels, et affaiblit ainsi la distribution à sens unique de l’information.Or, l’enthousiasme initial sur les effets de démocratisation du Net s’est atténué ces dernières années par une prise de conscience croissante des barrières sociales et linguistiques ainsi que de la faible diffusion de la technologie dans les pays en voie de développement, phénomènes généralement résumés sous le terme de « fracture numérique » et qui freinent considérablement l’influence d’internet en dehors des milieux urbains, éduqués et aisés. Bien que le Net soit devenu un moyen d’expression pour des élites politiques, son impact sur la masse de la population n’est encore guère palpable et souvent, ce sont toujours les médias alternatifs, comme les cassettes audio ou le fax, qui demeurent les outils de mobilisation courants pour les groupes contestataires. Un autre point fréquemment négligé par les assertions quant à l’impact d’internet sur les structures sociales et politiques est le fait que non seulement des acteurs de l’opposition mais aussi ceux du pouvoir peuvent s’approprier cet outil de communication. A côté de dispositions répressives, comme la censure et le blocage de sites, un engagement actif dans le développement et l’application de la technologie constitue ainsi un autre moyen pour les autorités établies de façonner l’environnement qui caractérise les usages d’internet. Ici, il ne s’agit pas uniquement d’un conflit au niveau structurel autour de l’accès à internet et de ses emplois possibles mais aussi d’une rivalité culturelle entre discours opposés qui transmettent différents cadres d’interprétation pour les contenus communiqués. La présence en ligne d’acteurs autoritaires peut ainsi être analysée comme une stratégie visant à préserver jusque dans le cyberespace leur emprise sur des définitions de valeurs et de normes sociales. Partant de ces réflexions, le présent article examine l’emploi d’internet par le clergé chiite lié au régime de la République islamique d’Ira : le Net ne représente pas exclusivement un instrument potentiel érodant la position des autorités, qu’elles soient religieuses ou politiques, mais il peut, au contraire, permettre aux tenants d’un discours dominant d’élargir leur sphère d’influence. Loin de vouloir négliger les effets affaiblissants d’internet sur des structures de communication hiérarchiques ou de présenter internet définitivement comme un autre outil de propagande, il s’agit plutôt d’avancer un regard critique sur les différentes formes d’emploi de ce média.

AUTEUR(S)
Marcus MICHAELSEN

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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